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Sortie
nocturne
Il
lui arrivait quand la souffrance se faisait trop forte de sortir
De
faire le tour du lac, de marcher dans les grandes herbes
A
son pas les canards s'envolaient, l'eau frémissait à la brise
du soir
Il
était parti précipitamment de table, elle ne comprenait pas
Son
mutisme dans ces instants là, l'inquiétait
Était-ce
un replis de son âme sous la douleur
Il
ne pouvait que s'échapper
Et
là dehors dans l'air, dans la nature et les bruits nocturnes
Il
criait ce que son cœur délivrait
Fragilité
de ce petit d'Homme, l'incompréhension le tenaillait
La
nuit le couvrait dans cette étreinte où lui seul pouvait se
laisser immerger
Pas
de mot
Pas
de réponse
Juste
sortir cela...ce poids de ses tripes...
Vouloir
échapper à cet emprisonnement
La
marche, le temps, les senteurs, respirer à nouveau
Quand
tout vous étreint si puissamment
Sur
le calvaire, la pierre craque
Larmes,
larmes, larmes venez disperser la colère, l'impuissance
Que
ce sel emporte le désespoir
Fut-il
une amertume plus dure que celle qui soulève sa poitrine
La
cisaille de cette peur, lui déchire toute sa chair
Secouer
par les sanglots ses épaules se courbaient
Une
silhouette repliée sur fond de nuit étoilée s'était arrêtée
d'avancer
Tout
devenait blafard et limpide au cœur de l'ombre tardive
Le
fardeau se glissait plus docilement sur le noir du ciel
L'air
à nouveau remplissait ses poumons
Le
torse se détendit en un profond soupir
Raclement
de gorge, derniers pleurs avant de rentrer au logis
Ses
mains essuyaient ces joues trempées
Il
fallait reprendre courage, se montrer fort
L'émotion
vive se calmait, se déformait en un rictus aux lèvres
Pleure
et sourit petit d'Homme
La
vie désormais à cette saveur de paix
Quand
le cœur s'abandonne...
J'ai
écrit ce texte de ce « petit d'Homme » qui existe
Par
pudeur, je ne citerai pas son nom
Nous
avons souvent partagés...
Parce
que parfois, il n'y a pas d'autre chose à faire que de rester
L'un
à côté de l'autre, les mots n'ont plus rien à dire...
Et
dans le silence tout s'opère...
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