
En
habit blanc
Dans
sa longue robe blanche
Comme
une enveloppe fine
Qui
d'un coup de lèvre se love en elle-même
Elle
colle aux peaux brunes et blondes
D'Afrique
ou de Katmandou
Bouts
de pailles ou de feuilles
Dont
le jaune n'épargne pas la dent
Empaquetée
dans son rigide habit
Au
détour d'une jeunesse, tu t'infiltres
Tu
flambes les années
Rafle
la vie sans faire gaffe
Dans
ce jeu de doigt
Tu
récoltes les pensées intimes
Qui
de volutes en tempêtes
Laisse
sans crier gare, une trace
Dans
les chairs et toute noire vêtue
Tu
dilapides le temps de l'autre
Tu
brûles le bois, l'air
Tu
consumes la vie à coup de bouffée
Tu
frimes sous ton goût d'encor
Dans
les caniveaux, tu gis en ta fin
De
ta présence en ce corps
Tu
détruis les cellules vivantes
N'auras-tu
de cesse d'arpenter la terre
De
griser l'enfant à la sortie de l'école
De
vieillir l'homme avant son âge
Qu'est-ce
ce sortilège d'une braise
En
guise d'euphorie, une mort annoncée
Ta
ligne, un cercueil blanc
Qui
sonne le glas d'un cœur
En
dépendance, tu lies l'homme
Ascenseur
pour l'échafaud
Drogue
douce sous un masque macabre
Tu
te fais légère ou brune
Sournoise
en blonde, tu diffuses le poison
L'appât
d'une soirée entre amis
Se
termine en pompe dans le cimetière
Pour
t'avoir trop aimer
Partis
en fumée pour n'avoir su
Éteindre
la mort brûlante en mégot
Une
cigarette vaut-elle une vie ?


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